
Charles
Boulin décide de vendre son petit appartement centre ville pour acheter
un magnifique hôtel particulier en banlieue. Mais l’hôtel particulier
se trouve être dans un état de délabrement avancé. La surprise qu’il
voulait faire à sa femme et à sa fille vire au cauchemar quand elles
apprennent qu’elles doivent quitter l’adresse prestigieuse en ville
pour emménager dans un taudis en travaux, en compagnie d’ouvriers
parfaitement prêts pour le pire.
Une pièce irrésistible de 2003 du père du fameux «Bienvenue chez les ch’tis» mise en scène par Daniel Hanssens.…
Une comédie de Dany Boon
Mise en scène Daniel Hanssens
Lumière Laurent Kaye
Création son Laurent Beumier
Avec Pierre Pigeolet, Michel Hinderyckx, Colette Sodoyez, Laurent Renard, Laure Godisiabois, Jean-Paul Clerbois et Rosalia Cuevas
Production Festival Bruxellons! avec Argan42, Bulles Production et Cooper Production
Critique
Tout commence (et s’achèvera) dans l’hystérie générale. Charles Boulin, souhaitant faire une grande surprise à sa femme et sa fille, a vendu en leur absence le bel appartement de l’avenue Louise pour acquérir un soi-disant magnifique hôtel particulier de la banlieue ouest. Soi disant car, non seulement la maison est plutôt située en banlieue nord, beaucoup moins chic que l’ouest, mais aussi parce qu’avant les travaux, elle se trouve dans un état lamentable, pour ne pas dire un taudis.
L’immense problème de Charles Boulin tient au fait que sa femme s’apprêtant à rentrer du Vatican, il découvre que le chantier a pris un retard d’une ampleur considérable et, par conséquent, le fameux hôtel particulier n’est toujours pas habitable En effet, la réaction d’Anne-Charlotte ne se fait pas attendre, cris, défaillances, colère, indignation, la vie de cette fille de duc, noblement coincée et prétentieuse, se retrouve sens dessus dessous. Finement interprétée par Colette Sodoyez, Anne-Charlotte dénichera le pompon en la personne des deux ouvriers, Pinto, le chef de chantier, "plombier et maçonnier" portugais, et son acolyte, Pirelli (Laurent Renard). L’un abruti, l’autre, agressif et voleur.
La comédie de Dany Boon, mise en scène par Daniel Hanssens, est un florilège de malentendus, situations cocasses et autres répliques cinglantes particulièrement réalistes ! Qui n’a pas connu des travaux qui n’en finissent pas, les mauvaises découvertes à répétition, les pièces manquantes aux stocks épuisés, les fuites, le bruit de la perceuse et du marteau, les ouvriers perdant leur pantalon ou draguant la jeune fille de la famille ?
Ici, Pierre Pigeolet est à mourir de rire avec son regard salace, son accent portugais et son mini maillot de bain orange en séducteur d’Elizabeth (la très drôle Laure Godisiabois, lire LLB du 17/07/09), la fille promise à un riche héritier mais qui succombera au charme (et à l’odeur) animal de l’ouvrier. Dans ce cauchemar insurmontable, où la banquière (très stricte Rosalia Cuevas) et l’architecte homosexuel provocateur de catastrophes (le décalé Jean-Paul Clerbois) apporteront leur grain de sel, les secrets de famille vont resurgir. Les frustrations des uns s’ajouteront aux échecs des autres pour éclater en drame qui s’achèvera grâce à un cable électrique. Même si, par moments, Michel Hinderyckx bascule dans le délire et l’hystérie totale à trop vouloir imiter le jeu de Dany Boon, l’ambiance frise le boulevard face aux situations vraisemblablement insurmontables mais irrésistiblement drôles.
Dans la belle cour du château du Karreveld, le décor reflète parfaitement "l’apolacypse"
du chantier avec les murs absents, les tuyaux, outils, poussière,
baignoire au milieu du salon, câbles apparents, etc. La mise en scène
de Daniel Hanssens complétant le texte par un comique de situation
efficace fait passer un très joyeux moment.
CRITIQUE
Quoi de mieux que La vie de chantier
pour essuyer les plâtres de la nouvelle édition du festival Bruxellons
!? Avec son humour en béton, des comédiens bien charpentés et Daniel
Hanssens comme architecte, la pièce de Dany Boon nous a vissés à nos
sièges, jeudi, pour une première sous un ciel sec.
Si l’eau a
épargné le public, on ne peut pas en dire autant de la scène arrosée
par d’inquiétantes fuites dans les tuyauteries, une tuile parmi
d’autres sur ce fameux chantier. Pour faire une surprise à sa femme et
sa fille, en pèlerinage au Vatican, Charles Boulin a vendu leur
appartement de l’avenue Louise pour rénover un hôtel particulier de la
banlieue. Alors que les travaux sont censés être finis depuis un mois,
il découvre un capharnaüm : rien n’est monté – ni murs, ni planchers –
tandis que les installations d’eau et d’électricité sont plus que
douteuses. La surprise tourne au cauchemar quand Charles Boulin
explique à sa femme qu’ils doivent emménager dans ce taudis et
cohabiter avec deux ouvriers maniant les bévues à la truelle. Pas moyen
de pendre la crémaillère si ce n’est aux câbles qui pendouillent du
plafond. Les ennuis pourtant ne font que commencer car, comme dit un
des ouvriers, « c’est l’essence même des travaux d’être en retard ».
Qui n’a pas connu de plombier venu vous resserrer un petit écrou pour
finalement remplacer toute la tuyauterie ? Qui n’a jamais maudit des
ouvriers censés boucler le boulot en un mois et qui vous réveillent
toujours au marteau-piqueur six mois après ? Si on rit autant devant
cette Vie de chantier, c’est surtout pour son évocation bien
sentie d’une situation que, au mieux, nous redoutons, au pire, nous
connaissons. Evocation hilarante à l’image de ce jeans tombant
obstinément sur le bassin d’un des ouvriers, révélant un début de
fesses tapageuses. Cliché ô combien familier !
On glousse devant l’avalanche de catastrophes en plomberie ou menuiserie – et leurs justifications absconses. Mais on s’amuse aussi des quiproquos sentimentaux, la fille du couple bourgeois s’entichant du maçon portugais. C’est d’ailleurs cet ouvrier dévastateur qui s’avère le mur porteur de cette comédie marteau. Hilarant et attendrissant, Pierre Pigeolet nous scie littéralement dans le rôle du maçon fabulateur et dragueur. Si Michel Hinderickx en fait un peu trop dans la peau de Charles Boulin, la distribution fait de la belle ouvrage.


















Durée 1h50 sans entracte
En plein air, au Chateau du Karreveld
Réservations
02 724 24 24
Dîner avant spectacle
Goûtez au buffet d’avant-spectacle proposé par le Festival Bruxellons! au prix de € 15
Ouvert dès 19h00.
Réservation obligatoire:
02 724 24 24
Météo
à
partir de 19h30, un service téléphonique permet aux spectateurs de
savoir si la représentation du soir est maintenue en cas d’intempéries.
Le numéro à former: 0477 503 567
Adresse
Château du Karreveld Avenue Jean de la Hoese, 3 1080 Bruxelles (Le long du Blvd Mettewie)