Un travail qu’elle adore, un patron qu’elle vénère : la vie professionnelle de Patricia est au beau fixe depuis 16 ans. Jusqu’au jour où le patron engage Marylène et ordonne à Patricia de céder son bureau à la nouvelle venue. Rejetée, Patricia va fondre comme neige au soleil. La mise à l’écart professionnelle devient une vraie descente aux enfers personnelle. La pièce aborde le harcèlement doux au travail. Ce harcèlement qu’on ne voit pas, qui s’insinue discrètement dans le quotidien.
À l’image du sujet, un texte en apparence doux, tendre et cocasse. Une façade devant une cruauté sournoise. Une pièce de Jean-Pierre Dopagne
Mise en scène Pascal Racan
Avec Alix Mariaule et Delphine Charlier
Production Argan42 et le Festival de Spa
L'envoûtement en illustration d'un (drôle) de reportage de la RTBF. La pièce de Jean-Pierre Dopagne qui ouvre elle au moins le temps de la
réflexion, de la pensée, de l'analyse, bref, le temps du théâtre est à
voir à partir du 1er octobre au Théâtre Mercelis.
«L'envoûtement ». Ou comment descendre aux enfers en douce. C'est l'histoire du petit monde de d eux nouvelles amies, Patricia et Marylène, où tout tourne autour de Daniel, «Himalaya de la culture au physique insignifiant». Un patron envoûtant et manipulateur à la fois, qui ne fera jamais son entrée sur les planches.
Le cinquantième anniversaire du Festival ne pouvait s'imaginer sans une création mondiale de Jean-Pierre Dopagne, l'un des plus grands fidèles de ce rendez-vous culturel spadois. Avec « L'envoûtement », l'auteur des « Fines bouches » en 2007 signe là sa huitième création au Festival ; véritable record absolu.
Et il ne déçoit jamais.
Le thème, cette fois, aborde le harcèlement doux au travail, « ce harcèlement qu'on ne voit pas, qui s'insinue discrètement dans le quotidien ». À travers ses deux comédiennes, Alix Mariaule et Delphine Charlier, il dénonce sans agressivité mais par « frappes légères », tout en tendresse, humour et justesse les travers de la société et la cruauté de l'âme humaine. « Cette destruction contemporaine où l'homme d'aujourd'hui, la plupart du temps, tire dans le dos. » Nombreux sont ceux qui, un jour, auront ressenti cette pression d'un monde qui tourne à 200 à l'heure. Un dysfonctionnement de la société que Jean-Pierre Dopagne pointe du doigt dans une écriture fine, recherchée et piquante.
Voilà
encore une excellente pièce programmée au Festival : « L’envoûtement »
( Et quel envoûtement) de Jean-Pierre Dopagne, un auteur belge qui nous
régale de textes de haute qualité depuis plusieurs années , à commencer
par
« L’enseigneur » joué à la création par Alexandre von Sivers et
repris en France plus tard par Jean Piat.
Cet auteur aime écrire des rôles pour les comédiennes et je ne puis que l’en remercier. Ils sont rares ces auteurs-là !
Et son choix s’est porté cette fois sur Alix Mariaule, pour qui il
avait déjà écrit « La Demoiselle » en 2003 , et Delphine Charlier.
Jean-Pierre Dopagne a eu des contacts avec ces deux magnifiques
comédiennes durant plusieurs mois auxquelles je dois ajouter le nom de
Pascal Racan qui allait se charger de les mettre en scène.
Ils ont peaufiné ce projet à quatre. Un travail d’envergure mais passionnant , plein de tendresse, d’affection et d’amitié.
Les productions Argan 42- dirigées par Daniel Hanssens- s’y sont
intéressées et une décision a été prise pour créer la pièce au Festival
de Spa en 2009.
C’est l’un des grands spectacles du Festival tant pour le texte, la mise en scène que pour les deux interprètes.
Elles sont brillantes toutes les deux. Elles déploient leur talent avec une énergie incroyable.
La pièce commence gentiment avec la naissance d’une solide amitié entre
Patricia , responsable de la programmation de grands concerts de
musiques classiques , et Marylène , une jeune femme qui vit avec sa
mère , sans emploi vraiment sérieux ( tout au moins en apparence) et à
mi-temps. Elle est émerveillée du travail réalisé par Patricia pour le
compte de Monsieur Daniel, directeur d’une grande société de
productions. Cela l’exalte !
Elles sont devenues les plus grandes copines qui soient…
Mais quelques jours plus tard, disons trois à quatre semaines , les
choses vont changer et les rôles et fonctions de Patricia qu’elle
occupe depuis une quinzaine d’années vont passer au pouvoir de Marylène.
Tout se précipite de jour en jour.
Qui est responsable de ces changements, désespérants pour Patricia ,
enthousiasmants pour Marylène ? Monsieur Daniel , le grand patron de la
société , « Un homme formidable , intelligent , compétent » comme
l’avait présenté Patricia à Marylène.
On ne verra jamais cet homme (comme dans « l’Arlésienne » et « Godot »)
et c’est maintenant la nouvelle recrue qui répétera son nom sans cesse…
La mise à l’écart professionnelle devient pour Patricia une vraie descente aux enfers personnels.
Jean-Pierre Dopagne(l’auteur) : Ma pièce aborde le harcèlement doux
au travail. Ce harcèlement qu’on ne voit pas , qui s’insinue
discrètement dans le quotidien .
Pascal Racan ( metteur en scène ) : A l’image du sujet , c’est un texte
en apparence doux, tendre et cocasse. Une façade devant une cruauté
sournoise.
Jean-Pierre Dopagne ( l’auteur) : Nous avons longuement discuté de ce
personnage , Alix , Delphine , Pascal et moi , d’en faire un patron
envoûtant et manipulateur, comme il en existe beaucoup dans notre
société actuelle.
Pascal Racan ( metteur en scène) : Nous avons aussi établi le caractère de ces deux femmes.
Une fois les mises au point bien structurées et précises , nous avons commencé à répéter la pièce.
Dialogues vivants distribués dans de très courtes séquences , entrecoupées de narrations jouées par nos deux comédiennes.
Tons et jeux de scène de vérité et d’authenticité !
Delphine Charlier et Alix Mariaule nous envoûtent , dirigées de main de
maître, avec passion et compétence par Pascal Racan , l’un de nos
grands acteurs belges qui passe avec facilité de son métier de comédien
à celui de metteur en scène.
Les jeux de lumière, réglés également par Pascal Racan sont justifiés ,
on passe sans cesse de coups de flash sur Patricia et Marylène pour la
narration , de plans de lumière large pour leurs scènes à deux.
Une heure trente de spectacle qui passe comme un éclair !
Un spectacle à ne pas rater.
Si vous n’avez pas l’occasion de le voir à Spa , vous aurez
l’opportunité de le découvrir à Bruxelles , au Théâtre Mercelis, du 1er
au 31 octobre prochains.
Qu’on se le dise et qu’on le dise aux copains , amoureux du théâtre… et je sais qu’ils sont nombreux.
Il suffit de voir combien sont remplies les quatre salles du Casino de
Spa à l’occasion de ce grand et sympathique Festival 2009 !
Lieux Festival de Spa, Théâtre Mercelis
Adresse
Théâtre Mercelis, Rue Mercelis, 13 - 1050 Bruxelles (la rue commence place Fernand Cocq. Parking Tulipe, Rue de la Tulipe)
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