Le dîner de cons
de Francis Veber
Pierre Brochant : Pascal Racan
François Pignon : Daniel Hanssens
Leblanc : Pierre Pigeolet
Christine : Delphine Charlier
Marlène : Cloé Xhauflaire
Archambaud : Pierre Plume
Ben Hamidou et Michel Hinderyckx se sont partagé le rôle de Cheval.
Mise en scène : Daniel Hanssens
Décor : Francesco Déléo
Costumes : Argan42
Lumière : Laurent Kaye
Le diner de cons dans la version présentée ici a été donné de décembre 2005 à mai 2006.
A Bruxelles et en Wallonie.
" Le Dîner de Cons " est un phénomène, c'est déjà un standard, un classique dans le monde entier !
Enorme succès tant théâtral que cinématographique, le Dîner de Cons,
(qui s'est jouée 5 ans à Londres) se jouera encore cette saison en
Irlande, en Espagne, en France, en Allemagne et en Pologne.
En Belgique, Daniel Hanssens et Pascal Racan ont laissé un souvenir indélébile dans la mémoire de milliers de spectateurs.
Une reprise s'imposait.
Cette toute nouvelle production vous emmènera dans une valse de fous rires irrésistibles.
Le scénario en béton n'a pas pris la moindre ride !
Daniel Hanssens reprend superbement le rôle créé par Jacques Villeret.
L'histoire :
Si Pierre (Pascal Racan) vous invite un soir à dîner, méfiez-vous.
Pierre a une spécialité : Le Dîner de Cons. Un dîner qui a lieu une
fois par semaine et dont le principe est tout simple : chaque invité
doit amener un con. Celui qui a amené le plus spectaculaire est déclaré
vainqueur.
Ce soir, Pierre est ravi.
Il a mis la main sur un champion du monde, François (Daniel
Hanssens). Pierre s'apprête à passer un grand moment. Il ne se doute
pas de ce qui l'attend. Il va vite découvrir qu'avec François les
soirées sont toujours imprévisibles.
Mis en ligne le 16 décembre 2005
A mesure que la trêve dite des confiseurs
s'approche, la guerre des zygomatiques s'intensifie. Et «Le Dîner de
cons», produit, mis en scène et interprété par Daniel Hanssens dans le
rôle principal, marque un tournant dans l'offensive des spectacles de
fête. On ne rigole plus: c'est du blitz-rire, du total hilarant, par
des artificiers de haut vol, bien décidés à dérider.
Du reste, ils n'ont rien laissé au hasard. Dans le duo de tête de
cette pièce célèbre - qui compte cependant sept personnages en tout -,
Daniel Hanssens et Pascal Racan ont bien prémédité leur coup. Voici
huit ans, ils jouaient déjà la pièce ensemble, c'est dire si leur
complicité est rodée.
Le soir de la première de cette nouvelle production, le spectacle
semblait déjà parfaitement abouti - sauf peut-être dans l'ultime scène
où la bascule dans l'émotion n'était pas tout à fait au diapason de ce
qu'elle pourrait être. Mais ça ne saurait tarder, tant l'interprétation
est précise, sobre et irrésistible.
Arroseur arrosé
Faut-il rappeler l'argument? Ce soir-là, l'éditeur à succès Pierre
Brochant a rendez-vous avec ses amis pour leur «Dîner de cons»
hebdomadaire. Le principe est aussi simple que bête et méchant: chacun
amène un invité particulièrement stupide et ennuyeux. A l'issue du
repas, et à l'insu des «cons», les copains décernent la palme au plus
«performant» d'entre eux. Brochant est content, il est sûr de remporter
la joute cette fois. Mais tout ne va pas se passer comme prévu...
Pascal Racan tient le rôle fixé à l'écran par Thierry Lhermitte.
Bloqué par le fulgurant tour de rein qu'il vient de se prendre en
ramassant la savonnette dans sa douche, il va subir l'emprise
grandissante de sa victime. Quand François Pignon, alias Daniel
Hanssens, paraît, la salle est déjà pour lui. Comme il avait su ne pas
faire du Serrault dans «La Cage aux folles», l'acteur belge n'imite en
rien Jacques Villeret, sinon qu'il en a la rondeur physique et morale.
Moins fragile, plus susceptible, son François Pignon accumule les
gaffes. Les rôles s'inversent et tel est pris qui croyait prendre. Ce
«Dîner», c'est une histoire d'arroseur arrosé...
D'une efficacité sans faille, les scènes impliquant le téléphone
font crouler de rire les spectateurs. Les deux compères n'en font ni
trop ni trop peu, distillant avec un art consommé les péripéties qui
déconstruisent implacablement la vie de l'éditeur. Condamné à
l'immobilité par son médecin (Pierre Plume), abandonné par son épouse
(Delphine Charlier), assailli par une maîtresse indésirable (Cloé
Xhauflaire), rejoint par son meilleur ami (Pierre Pigeolet) dont il a
piqué la femme qui aujourd'hui le quitte, Brochant est bel et bien le
souffre-douleur de ces agapes somptueusement ratées.
Complétant la mécanique bien huilée de cette galerie de seconds rôles, l'intervention de Ben Hamidou en contrôleur fiscal de choc consomme la déconfiture du farceur. On ne peut plus morale - les méchants sont punis et les premiers deviennent les derniers -, la fable se conclut sur une ultime, sublime et généreuse «connerie» de Pignon. Ovationné par la salle, Daniel Hanssens salue avec ses complices, heureux et rayonnant. Allez, c'est dans la poche.
entretien
C'est un peu comme La grande vadrouille : on a beau voir et revoir Le dîner de cons, on ne s'en lasse pas. Et ce plaisir semble universel. Cette année, la pièce est jouée en France, en Espagne, en Irlande, en Allemagne, en Pologne, en Chine, deux fois au Japon - et en Belgique, bien sûr, par le tandem Daniel Hanssens et Pascal Racan (lire en page 33). Quel est ce prodige ?
Derrière ce succès, il y a un auteur, le Français Francis Veber. Installé à Los Angeles depuis quinze ans, il est aussi le réalisateur de La chèvre, Les compères, Les fugitifs ou Le jouet, ainsi que le scénariste de L'emmerdeur. Ses duos ont marqué le coeur de générations de spectateurs.
De passage à Paris pour le montage de La doublure, son film qui sortira à la fin du mois de mars 2006, Francis Veber a tenté de nous aider à comprendre son mystère.
Il est sans doute impossible d'expliquer la recette d'un succès. Mais comment se fait-il que « Le dîner de cons » marche aussi bien ?
C'est la question la plus difficile que l'on puisse poser. Un succès est toujours mystérieux, même pour son auteur. Je sais objectivement que Le dîner de cons est drôle, parce que j'ai entendu les gens rire ! C'est tout. Au départ, personne ne trouvait l'idée drôle. Mais on ne démord pas si facilement d'une intuition, même si elle est mauvaise ! Je restais persuadé que ce personnage de con était intéressant, parce qu'il pouvait punir le méchant. L'idée du Dîner de cons, c'est la torture qui se retourne contre le bourreau. Plus le bourreau se croit supérieur, plus c'est drôle. Je crois que ce principe de catharsis est un soulagement universel.
La plupart de vos scénarios, à part le récent « Placard » avec Daniel Auteuil, sont basés sur des duos d'hommes. Pourquoi cette marque de fabrique?
J'aime beaucoup les histoires d'amitié, bien plus que les histoires d'amour. Je m'y sens plus à l'aise. C'est ce que les Américains appellent les « buddies stories ». Vous savez : deux types qui sont opposés en tout et qui, petit à petit, se rapprochent l'un de l'autre. Il y a les grands exemples qu'on connaît, comme Butch Cassidy, L'arnaque ou La traversée de Paris avec Bourvil et Gabin. Ces films m'ont fasciné, parce qu'il s'en dégage une chaleur que je ne trouve pas dans les comédies romantiques.
Je me souviens d'une scène à la fin de La chèvre : Pierre Richard s'était cogné contre un arbre et Gérard Depardieu le tenait dans ses bras comme un enfant malade. J'étais infiniment plus touché par cette image que je ne l'aurais été par un garçon tenant une fille enlacée. C'est drôle, hein ? C'est une autre forme de tendresse.
L'amitié me touche énormément, peut-être parce que je suis extrêmement solitaire dans ma propre vie.
Dans « La doublure », votre prochain film, on trouve plein de personnages féminins...
Oui, je me contredis immédiatement ! Alice Taglioni y tient le premier rôle, auprès de Kristin Scott Thomas et de Virginie Ledoyen. Richard Berry, Daniel Auteuil et Gad Elmaleh tiennent de « grands » rôles secondaires. Mais on retrouve la logique du grain de sable qui décale tout.
Mettre des personnages en décalage, c'est le propre d'une certaine comédie à la française que vous avez aidé à construire...
Les plus belles comédies sont construites sur ce qui pourrait être une tragédie. C'est tout ce que j'aime. Prenez To be or not to be, qui se noue dans le ghetto de Varsovie, Le Dictateur ou Les lumières de la ville, avec un clochard et une aveugle... L'emmerdeur, c'est quand même l'histoire d'un tueur et d'un suicidaire, voisins dans un hôtel. Tous ces gens pourraient se trouver dans une histoire triste. L'embarcation prend un virage comique à cause de la volonté de l'auteur. C'est une question de point de vue. La tour de Pise est étonnante parce qu'elle est inclinée, donc comique. Si elle était restée droite, personne ne s'y intéresserait.
D'où vient le nom de François Pignon, que l'on retrouve un peu partout dans vos films ?
C'est très curieux. Je l'ai attrapé petit à petit, Pignon. Il s'appelait Perrin dans La chèvre. Il s'est appelé Pignon pour la première fois dans L'emmerdeur. Brusquement, le nom de François Pignon est devenu quasiment obsessionnel, je ne sais pas pourquoi. Je me suis dit que pour écrire un scénario, il fallait que le personnage s'appelle comme ça, pour qu'il me donne un coup de main. En me lançant dans le lac glacé que constitue l'écriture d'un scénario, surtout comique, j'ai Pignon qui m'attend, comme un ami.
Pignon n'est pas un type récurrent : il change tout le temps. Mais si tous vos Pignon devaient avoir une caractéristique commune, quelle serait-elle ?
Ils sont gentils. Ce sont des gens dans la foule. Ce ne sont pas des héros. Parfois, ils ont une maladresse qui les sort d'un mauvais pas plutôt que de les y enfoncer. Comme si leur malchance était un sauf-conduit. Ils ont des anges gardiens hyperactifs, ce sont des personnages protégés.
Etes-vous de l'ancienne école ?
En tout cas, je ne cherche pas à être de la nouvelle, ni à passer pour jeune ! J'écris le plus simplement possible. Une des recettes pour ne pas vieillir trop vite, c'est d'écrire « dans votre main », c'est-à-dire sans forcer le style pour rentrer de force dans une mode. Regardez les plus grandes répliques du cinéma. Elles sont toujours constituées de mots simples : « Personne n'est parfait », « Bizarre, bizarre ». Cette légèreté demande un travail qui m'absorbe complètement.